L’Arboretum de Tervuren

Invitation à entrer
Si vous manquez de verdure ou que vous rêvez de traverser les paysages nord-américains, en passant par la Chine ou le Japon, c’est l’endroit où aller. 446 espèces d’arbre sur 1 000 hectares… L’Arboretum de la ville de Tervuren, en périphérie de Bruxelles est une véritable bulle verte agencée par régions. De quoi voyager à moindre frais (l’accès est gratuit) le temps d’une belle journée ensoleillée.

Il faisait beau ce jour là. Pas un nuage à l’horizon, un long week-end… Impossible de résister à l’envie de sortir au grand air malgré la pandémie de Covid-19 qui rôde depuis des mois. Nous avons donc pris nos masques, notre matériel, et nous sommes mis en route. Une fois arrivés, nous avons été forts surpris du nombre de voitures garées sur le bas côté, puis par le parking bondé et les nombreux visiteurs à pied, à vélo, en poussette… Une policière nous explique que pandémie ou pas, il y a toujours autant de monde, surtout en week-end et par grand soleil.

Et pourtant dès que l’on passe la barrière d’entrée dans le parc, à l’exception des joggeurs et des familles en train de manger le quatre-heure, il n’y a pas tant de monde que ça. Il faut s’avancer un peu plus sur le large sentier principal pour croiser des baladeurs nonchalants qui prélassent sur l’herbe, des enfants sur un tricycle, ou même une école, un centre aéré peut-être.

Mais dès que l’on sort du large chemin de graviers pour crapahuter entre ces arbres géants caractéristiques de l’Etat de Washington, le silence se fait. On entend plus que les oiseaux. Les brindilles qui se cassent sous nos pas.

Le vent souffle dans les feuilles inondées des quelques rayons de soleil que les séquoias laisse passer. Elles dansent, arrimées à leurs branches. Des pollens, des poussières peut-être valsent dans l’air.

Il est loin le parking bondé, ils sont loin les promeneurs du dimanche. Il suffit de quelques pas pour s’évader dans des décors dignes du cinéma. Avec un peu d’imagination, on s’attendrait presque à voir surgir un lièvre, un renard… Mais seuls quelques petits oiseaux ont daigné se montrer.

La quiétude est éphémère, et au sortir d’un bosquet nous voilà à nouveau sur ces chemins immenses, surpeuplés. Nous voilà de retour à la civilisation! Et si on décide de suivre cette voie un moment, ce n’est que pour croiser au détour d’un croisement un arbre baigné d’une lumière presque irréelle.

Tout parait si beau, si étincelant. L’enfermement prolongé n’a pas dû plaire à mon esprit, pour qu’il s’émerveille des beautés de la Nature comme si je les voyais pour la première fois.

Suivre un chemin tout tracé est confortable: les arbres y sont bien rangés, le terrain bien nivelé… On y perd en évasion, mais il est plus aisé de s’y retrouver! Un tracé, une carte, nous décidons de nous diriger vers la partie asiatique de l’Arboretum dans l’espoir de voyager un peu plus.

Nous avons sans doute dû bifurquer à un moment, parce que nous nous sommes retrouvés seuls. Seuls avec la brise, seuls avec ces arbres majestueux. Difficile de ne pas s’arrêter sur les quelques bancs bancals pour admirer la vue le temps de reprendre son souffle.

Nous atteignons enfin la parcelle dédiée au Japon, ravis de reconnaître quelques espèces de ce pays que l’on rêve de visiter. Ces trente minutes de randonnée n’auront pas été vaines! Mais le soleil descend déjà malgré la longueur des jours, et nos jambes un peu fatiguées il faut l’admettre nous demandent gentiment de nous mettre sur le chemin du retour.

Nous avons donc fini cette balade sous le soleil descendant. La large voie s’est peu à peu vidée de ses cyclistes, et les discussions des passants ont laissé place au murmure du vent dans les branches. Les familles et les vieux couples assis sur l’herbe rangent leurs collations, leurs chaises pliantes et leurs nappes à carreaux. Et nous, nous rentrons chez nous les poumons emplis d’air frais et les souvenirs pleins de verdure.